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DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE : Les députés de Yewwi défendent le Pm Ousmane Sonko

Le Premier ministre Ousmane Sonko ne sera pas à l’Assemblée nationale avant la fermeture de la session unique ordinaire. De l’avis des députés du groupe parlementaire de la coalition Yewwi Askan Wi (Yaw) minoritaire mais au pouvoir, la révision du règlement intérieur de l’hémicycle est d’abord la priorité.

Ce n’est pas demain la veille pour voir le Premier ministre (Pm) à l’Assemblée na‐ tionale pour sa déclaration de politique générale (Dpg). En effet, malgré l’insistance des députés de l’opposition, le face‐ à‐face du président de Pastef avec les parlementaires pour donner les orientations de la politique de son gouverne‐ ment, va attendre. Et pour cause, les députés de la coalition Yewwi Askan Wi (Yaw) au
pouvoir, sont montés hier sur leurs grands chevaux pour fus‐ tiger le règlement intérieur de l’hémicycle qui ne serait plus, à les en croire, en conformité avec la constitution. «On n’est ni dans un marché ni dans un louma encore moins dans une foire. Tout ce qui est lié au Pm ne figure plus dans le règlement intérieur de l’Assemblée- nationale. On vous parle d’un délai de 3 mois pour tenir la Dpg, ça n’existe plus. Il est supprimé et abrogé depuis tout comme le délai de saisine de 8 jours, la motion de censure, la question de confiance. C’est pourquoi, en 2022 quand on restaurait le poste de Pm, aucune autre loi organique n’a été votée dans le règlement intérieur.

Dans le règlement inté‐ rieur en vigueur, le Pm y est inexistant et absent. Malheureusement, certains veulent semer le doute en se basant des dispositions qui n’existent plus», a expliqué Ayib Daffé. Et le nouveau président du groupe parlementaire de de préciser : «On est dans un État et l’Assemblée nationale est une institution sérieuse donc il faut qu’on se respecte. On ne peut plus se contenter d’arrangement boiteux, de compromis pour organiser les séances de- l’Assemblée nationale. Il faut que tout soit basé sur le règlement intérieur qui seul, fait foi». Selon lui, la situation juridique que traverse l’Assemblée natio‐ nale est contraire aux disposi‐ tions de la loi organique. En effet, la dernière modification du règlement intérieur de l’as‐ semblée nationale, dit‐il, date d’octobre 2019. Partiellement, cette modification supprimait à- l’époque, le poste de Premier ministre (Pm) de la Constitu‐ tion. Le règlement intérieur qui est une loi organique de la république qui complète et précise l’organisation et le fonctionne‐ ment de l’Assemblée nationale, en a pris compte en sortant du règlement intérieur, toutes les dispositions concernant le P m. Dans son article 3 et titre 3 de cette loi d’octobre 2019, sont abrogées les dispositions des articles 98 et 99.

En consé‐ quence, les chapitres 22, 23 et 24 sont aussi supprimés. Depuis cette date, il n’y aucune autre loi qui a été prise dans le règlement intérieur pour régler cette question», a expliqué le député de Sédhiou. Fraude, tricherie, violation… «C’est une faute grave de falsi‐ fier ce règlement intérieur pour y rajouter des dispositions qui n’y existent plus. Mais nous, en tant que parlementaires, nous devons faire notre devoir en saisissant le président de l’Assemblée nationale pour lui faire signaler ce problème qui existe depuis novembre 2022 car aucune disposition, aucune me‐ sure ni initiative n’a été prise», a fustigé Ay Daffé. Au milieu de ses camarades, le nouveau président du groupe parlemen‐ taire de Yaw a indiqué qu’en tout état de cause, le constitutionnaliste a fait son travail contrairement aux députés.
«C’est à nous, en tant que parlementaires de réviser le règle‐ ment intérieur en restaurant le
poste de Pm. Nous avons interpellé le président de l’Assem‐ blée ainsi que les députés de la
majorité qui, ça ne les dérange pas.

Ils disent que le Pm Ama‐ dou Ba est venu à l’Assemblée nationale et a fait sa Dpg. Mais doit‐on continuer dans la fraude à la loi, la tricherie, violation du règlement intérieur et de la constitution. Il faut que les gens respectent la constitution et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui est encore interpellée pour corriger cette grave entorse au droit, à l’État de droit, à la séparation des pouvoirs et équilibre des pouvoirs au Sénégal», s’es – il interroger. La solution, c’est simple. «Il est de notre responsabilité de régler ce problème,- réviser le règlement intérieur et- restaurer le poste de Pm pour- réintégrer les dispositions concernant la Dpg, la question  de confiance et la motion de censure et toutes les disposi‐ tions faisant référence au Pm», a‐t‐il déclaré, indiquant par rico‐ chet, qu’à l’état actuel des choses même «l’audition du Pm est impossible».

 

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